Dossier de Presse 2019

SOS Urgences Mamans : 40 ans de gardes bénévoles et ponctuelles

Quel parent n’a jamais connu l’angoisse de la nounou qui fait défaut, de l’enfant malade refusé en crèche, ou tout simplement un rendez-vous professionnel inattendu alors qu’il n’y a personne pour garder bébé ?

SOS Urgences Mamans, créée en 1978, permet de pallier ces cas d’urgences actuellement dans le grand Ouest de la France, à Lyon et en région parisienne. Près de 500 bénévoles, des mères de famille et des mamies, réparties en 16 sections, participent à cette belle initiative. Elles sont recrutées après un entretien préalable avec les responsables de sections et sur présentation d’un certificat médical d’aptitude psychologique et physique à s’occuper d’enfants depuis l’âge de 3 mois.

Pour les parents « en galère » de garde, la démarche est extrêmement simple : chaque section dispose d’un numéro de téléphone où l’on vous donne ensuite les coordonnées de la maman ou mamie de garde. Ces dernières se rendent au domicile des enfants ou les reçoivent chez elles, pour une heure, une demi-journée ou une journée entière. Les gardes des enfants sont assurées du lundi au vendredi hors vacances scolaires, entre 7h00 et 19h00.
Pas besoin d’inscription, ni d’adhésion, seule une petite participation financière est demandée aux familles pour couvrir les frais de fonctionnement de l’association.

Avant la garde, les parents remplissent une fiche pour communiquer leurs coordonnées et celles du médecin de l’enfant et précisent à qui il faut remettre le bambin à la fin de la garde. Les enfants gardés sont assurés, l’association ayant souscrit toutes les polices d’assurance appropriées, notamment Responsabilité Civile et Individuelle Accident, Assurance transport.

En 2018 dans toute la France SOS Urgences Mamans a ainsi assuré 3087 demi-journées de gardes, soit 2.347 enfants avec lesquels ces mamans et mamies d’un jour ont passé un peu de leur temps libre.
Car elles ne sont pas rémunérées et acceptent en général de consacrer une journée par mois à ces gardes ponctuelles. Elles partagent toutes leur passion pour les enfants, certaines ont eu elles-mêmes recours à SOS lorsque leurs enfants étaient petits et ont rejoint l’association au moment de prendre leur retraite.

Une panne de voiture au départ de l’initiative

En 1978, la fondatrice, Françoise Legendre, assistante sociale de profession, bloquée par une panne de voiture, a eu l’idée de ce service de secours car elle-même n’avait personne pour récupérer ses enfants à la sortie de l’école ce jour-là. A cette époque, les enfants finissaient à l’assistance publique ou au commissariat.
Son idée était toute simple : mettre en relation les parents à la recherche d’une solution immédiate de garde et des grands-mères occasionnelles.

Avec le soutien d’un pédiatre elle a lancé la première section à Paris 16ème. D’autres suivront rapidement dans la capitale. Deux ans plus tard SOS Urgences Mamans poursuit son extension avec une section « Boucle de Seine » à Chatou-Croissy (Yvelines) et les communes environnantes.

Suivent en 1981 l’ouverture d’une section à Lyon (40 bénévoles aujourd’hui), et Nantes. En 1992, l’actuelle vice-présidente, Ginette Pellet, s’investit pleinement dans l’association et multiplie les démarches auprès des administrations et pouvoirs publics locaux. En 1993 elle remporte le 1er prix (10.000 francs) d’un concours de la Fondation de France dans l’Ouest intitulé « Vous avez un projet ? Donnez-lui des ailes ». Cela a permis de créer des centres à Rennes et Quimper.
L’initiative fait boule de neige et Mme Pellet réussi à recruter des bénévoles pour des antennes au Mans, dans la Presqu’île Guérandaise, les communes limitrophes de Nantes (Carquefou et ses communes attenantes Sainte Luce, Mauves et Thouaré sur Loire) et en Pays d’Ancenis avec ses 29 communes Parmi les dernières créations on compte les sections de Versailles (+ Le Chesnay, Rocquencourt) et Caen en 2016.

L’association recrute en permanence des bénévoles qui peuvent se faire connaître auprès des différentes sections en passant par le site internet www.sosurgencesmamans.com qui fournit les coordonnées des sections à contacter directement.

Pour l’avenir, SOS Urgences Mamans espère étendre sa couverture du territoire national notamment dans le Sud et l’Est et lance des appels à volontaires pour y ouvrir de nouvelles antennes.

Le siège national de l’association (régie par la Loi de 1901) se trouve à Paris (11, rue de la Collégiale 75005, tél 01 46 47 89 98). Ce local a pu être acheté en 2008 grâce à une donation fort généreuse de la mère (Mme Couret) d’une bénévole décédée sans laisser d’héritiers.
La gestion courante de SOS Urgences Mamans est assurée par un Conseil d’administration présidé par le pédiatre, le Professeur Marc Tardieu. Il est composé de 11 administrateurs.

Pour ses 40 ans l’association a décidé de tenir son Assemblée Générale annuelle à Nantes en présence de bénévoles de toutes les 16 sections suivie d’une fête d’anniversaire. Car SOS Urgences Mamans est également devenue au fil des ans un formidable réseau d’amitiés et de solidarité.

Article Le Parisien 14 10 2018

Des grands-mères bénévoles au secours des parents

Avenue de Lowendal (XVe) mardi dernier. Isabelle, Fabienne et Anne (de gauche à droite), les chevilles ouvrières de l’équipe de SOS Urgences Mamans du XVe LP/Elodie Soulié

Dans le XVe, cette association créée il y a 40 ans dépanne encore aujourd’hui les familles « en galère » de garde d’enfants… sur un simple coup de fil.

Mais qui va s’occuper des enfants ? Il y a 40 ans, c’est cette question et l’affolement d’une maman parisienne, en panne de voiture, qui a donné à Françoise Legendre l’idée qui a depuis « sauvé » bien des familles. Incapable d’aller chercher ses enfants à l’école, elle avait été sauvée in extrémis par des employés d’une garderie de plein-air qu’elle avait créée. Françoise a alors pensé aux familles qui n’avaient pas cette chance.

Son idée ? Mettre en relation les parents à la recherche d’une solution immédiate de garde,et des « grands-mères occasionnelles ». SOS Urgences Mamans allait naître, un petit noyau de mamies bénévoles et une téléphoniste formaient la première « unité », d’abord dans le XVIe où vivait Françoise, puis surtout dans le XVe, devenue pilote ) à Paris d’une chaîne relayée dans plusieurs villes de France par environ 500 bénévoles.

40 ans plus tard, dans une société paradoxalement parcourue de mille réseaux « collaboratifs », les mêmes imprévus confrontent les familles aux mêmes inquiétudes. C’est la nounou qui fait défaut, la crèche qui refuse de garder le petit trop enrhumé, l’imprévu professionnel… SOS Urgences Mamans s’occupe de tout, du lundi au vendredi entre 8 heures et 18 ou 19 heures, hors week-ends, fériés et vacances.

La vingtaine de grands-mères bénévoles de l’unité parisienne assure des journées de «garde », en moyenne une par mois chacune, parfois en binômes, à disposition pour accueillir les enfants chez elles. « Cela reste ponctuel, insiste Isabelle Desange, infirmière jeune retraitée, qui préside l’association parisienne. Nous dépannons évidemment surtout des familles du XVe, mais lorsqu’on reçoit des demandes d’arrondissements voisins, naturellement nous y répondons ».

Ses piliers : simplicité, bénévolat, libre participation des familles. La simplicité d’un numéro unique, le 01.45.75.87.37, répondeur immédiatement relayé à la bénévole du jour, qui rappelle la famille. « Nous ne sommes pas des professionnelles, mais des mamans et grands-mamans pour la plupart, qui savent ce qu’est l’entraide ». Ce qui n’empêche ni les assurances réglementaires, ni un « recrutement » rigoureux, avec entretien approfondi, certificat médical d’aptitude psychologique et physique, et visite du domicile. La libre participation, car « Les parents donnent ce qu’ils peuvent et ont généralement la notion de ce que ça représente, insiste Anne Potier, trésorière. En moyenne cela va de 5 € à 20 € pour des demi-journées, certains donnent 50 € pour une journée». L’association assure environ 20 à 30 « dépannages » par trimestre, mais «on pourrait faire plus, avec plus de bénévoles… » note Isabelle Desange.

Contact 01 45 75 87 37, et pour tout renseignement site sossosurgencesmamans.com.

« Grands-mères, c’est le meilleur diplôme »

Il y a une dizaine d’années, alors qu’elle n’avait encore «que» deux bébés et un poste important dans les ressources humaines, Priscille s’est retrouvée face à l’imprévisible : l’assistante maternelle qui s’occupait de ses filles est tombée malade. «Je n’avais pas de famille proche à Paris, ni le réseau d’entraide », raconte-t-elle. Quelle solution ? «J’ai repensé à ce prospectus de l’association. Je n’ai pas hésité, le fait que ce soit des grands-mères bénévoles était très rassurant, pour moi c’est le meilleur diplôme ! » estime cette maman de 5 filles. « J’avais spontanément plus confiance, alors que l’idée de payer une baby-sitter trouvée dans l’urgence, sans avoir le temps de la recevoir avant de lui confier mes filles, c’était impensable ». Cette première fois, « J’ai pu déposer mes filles chez une dame, et tout s’est très bien passé », se souvient-elle. Sa 2e expérience avec SOS Urgences Mamans, quelques années et un bébé supplémentaire plus tard, l’a confortée dans sa confiance. Depuis, Priscille a quitté son travail pour s’occuper de ses enfants, a rejoint l’association et assure une journée de « garde » par mois. « C’est une belle expérience d’entraide ».

 

Témoignages de bénévoles

Comment sont-elles devenues bénévoles

Anne :

Ma fille ayant eu des problèmes pour garder ses enfants – car elle habitait loin de chez moi et n’avait pas du tout de famille – j’ai pensé à mon tour faire quelque chose de pratique. Je me suis mise à la place des parents qui se retrouvent le bec dans l’eau. J’aime beaucoup les enfants, j’aime faire des activités avec eux et j’ai tout ce qu’il faut chez moi pour cela. J’ai trouvé que je pouvais donner un jour par mois de mon temps, ce n’est pas trop.

Pascale :

J’ai fait garder un jour par SOS URGENCES MAMANS quand elle était petite et je me suis dit « c’est super ! ». Bien plus tard, quand j’ai emménagé ici, j’ai répondu à une annonce cherchant des bénévoles. Cela fait 23 ans et depuis j’ai moi-même recruté pas mal de bénévoles. Notre groupe est super sympa, il y a un but commun, on adore toutes garder des enfants.

Marie-hélène

On arrive à créer un lien de tendresse, nous qui n’avons plus de petit à la maison. C’est très touchant d’avoir un petit enfant qui s’endort dans nos bras. L’enfant est rassuré. Au départ il ne nous connaît pas du tout et la confiance de l’enfant c’est rassurant pour les parents. Ce sont des petits trucs mais c’est important quand même.

Kristine :

Ce que je trouve formidable, c’est à quel point les parents sont contents de trouver quelqu’un qui puisse s’occuper de leurs enfants. Ils viennent parfois avec un petit cadeau, voire une fleur, pour dire merci beaucoup.

Mary

Mes enfants sont partis à l’étranger. Maintenant, les mamans travaillent et c’est difficile pour elles de trouver un système de garde fiable lorsqu’il y a un imprévu. Pour moi c’est un travail super, je suis très contente de faire partie de ce groupe.

Odile

Je me suis présentée à un forum d’associations en précisant que j’avais du temps de libre car j’étais à la retraite. Mais le fait que cela n’était qu’un jour par mois, cela m’allait très bien. Cette activité satisfait mon côté assistante sociale. J’ai pensé surtout aux parents qui n’avaient pas de membres de leur famille près de chez eux pour assurer les gardes dans l’urgence.

Ghislaine

Quand mes enfants étaient petits, j’ai vécu la galère de la nounou qui ne peut pas venir, ou du petit que la crèche n’accepte pas…. Mon métier ne permettait pas de m’absenter au pied levé. Je suis très contente maintenant de rendre service aux mamans et de leur procurer plus de sérénité dans leur vie de mamans actives. J’aime garder les enfants et surtout leur consacrer le temps que je n’ai pas pu donner à mes enfants pour jouer avec eux.

Le plus des mamies

Gabrielle :

A la veille de ma garde chez une famille de trois petits enfants, la maman m’avait mise en garde « je vous préviens, ils sont très turbulents et indisciplinés, n’hésitez pas à faire preuve d’autorité ». Une fois les parents sortis de l’appartement, les enfants et moi avons passé une journée fort agréable sans que j’ai eu à faire preuve du moindre froncement de sourcil.

Odile :

Quand je sens que les parents s’interrogent, je leur propose de les rencontrer avant la garde s’il y a suffisamment de temps : par exemple le petit garçon autiste que j’ai gardé ce matin est venu hier avec sa maman pour faire le tour de la maison. Il était rassuré et ce matin, quand la maman l’a laissé, elle aussi était rassurée.

Les bons moments

Gabrielle :

Gabriel et Gabrielle

J’ai gardé trois enfants dont le cadet de 5 ans s’appelait Gabriel, comme moi. Il a mis une heure à réaliser que c’était possible qu’une femme ait le même prénom que lui. Il venait toutes les cinq minutes en demandant : « c’est vrai que tu t’appelles toi aussi Gabrielle ? » et cela m’a attendri et fait sourire.

Le repas du siècle

J’aime cuisiner. Et pour de simples pâtes avec un peu de viande et quelques carottes, j’ai eu des compliments inespérés de la part des trois bambins que j’ai gardés. « maman, c’était très bon ce que Gabrielle nous a fait à manger à midi » ont ils confié à leur maman le soir. Moi, j’étais comblée.

L’avion

Marc, 7 ans, a proposé de jouer à l’avion. Il a aligné toutes les chaises de l’appartement deux par deux et a pris la première place, celle du pilote, évidemment ! Sa petite sœur devait servir d’hôtesse en distribuant les plateaux de dinette, et les passagers, en l’occurrence le petit frère de 5 ans et moi étions priés d’attacher nos ceintures. Le pilote a annoncé que l’on partait en Afrique du Sud, et au cours du voyage, un des passagers préférant l’Australie, le pilote a changé de cap sans sourciller. On a passé une heure de pure plaisir « stratosphérique ».

Mary

Un amour de chien (*)

Un jour j’ai gardé un petit garçon de deux ans qui est tombé amoureux de mon chien. Quand sa mère est venue le chercher après la garde, il ne voulait pas rentrer à la maison. Il voulait rester chez moi pour être proche du chien.

(*) les parents sont prévenus lorsqu’il y a un animal au domicile de la famille d’accueil